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Améliorer sa pratique - Les secrets du Vol de plaine par Franck Arnaud

 

LES SECRETS DU VOL DE PLAINE
 
"Le pilote de plaine est un surfer des airs.
II attend la vague, la journée qu'il ne faut pas rater. II vit dans l'angoisse de ne pas être lá..." (Jean-Luc Vial)
 
Allongé dans l'herbe, je m'imaginais en train de voyager, étendu sur le rebord d'un de ces grands nuages et contemplant la beauté et la terre...
Aujourd'hui, á chaque montée dans mon premier thermique de la journée, au départ d'un site de plaine, j'éprouve un plaisir intense. Et quand, au cours de la montée, l'air commence á se rafraîchir et que le vario intensif son rythme, je sais que je vais pouvoir m'accrocher á l'un de ces fameux cumulus et qu'un nouveau voyage va commencer.
 
Faire un premier plafond et partir en cross en plaine, c'est toujours une énorme surprise: il faut avoir fait la bonne analyse météo... et
accepté le risque de faire beaucoup de kilomètres en voiture pour rien! Avec l'expérience, le taux de réussite s'améliore., mais le souvenir des nombreuses déceptions passées rend le succès toujours jouissif.
Chez certains pilotes de plaine, cette envie de ballade aérienne se transforme en soif de record: par volonté de repousser la frontière comme Jonathan Livingstone, ou comme Pierre Latécoére, de prolonger "la ligne". Alors j'ai sillonné la France á la recherche de la journée ultime. Je l'ai ratée, de quelques heures le 10 juin 2001. Mais la quête de cette journée ne sera jamais terminée, ni pour moi, ni pour les autres chasseurs de mon espèce.
 
A la recherche du "Dream Day"A force de survoler les régions plates de France, depuis des années, j'ai rencontré un grand nombre de pilotes, passionnés non seulement par le parapente mais plus spécifiquement par le parapente de plaine. Ces pilotes partagent cette même sensation d'euphorie, cette même impression de jouir d'un "cadeau du ciel", á chaque départ en cross, á chaque rencontre de
thermique. Ils vivent tous dans cette recherche d'un bonheur qui ne tient qu’à un mince filet d'air. Comme moi, ils sont á la recherche du "D Day", le "Dream Day", la journée de rêve, celle qui permettra de faire une immense distance, peut-être même de s'approcher du record du monde! C'est l'envie de vous faire partager cette passion de la plaine, et de vous faire profiter de nos expériences respectives, qui a motivé l'écriture de cette "trilogie" de la plaine: la Découvrir, la Conquérir, la Vivre! Pour illustrer ce dossier, j'ai envoyé un questionnaire á une vingtaine de pilotes connus
pour leur expertise du vol de plaine. Je les remercie d'avoir joué le jeu avec la même passion que celle qu'ils vouent á leur terrain de prédilection.
 
Alors, pourquoi voler en plaine? "Parce que 1: c'est plus plat, 2 : c'est moins -montagneux et 3 : on voit plus loin. Ça va, j'ai bon?" (Daniel Vincent Genod, Paris). "Le vol de plaine peut se comparer á la régate en haute mer. S'il est pratiqué dans les règles de l'art, c'est un plaisir intense". (David Casartelli, Chamonix).
 
 
 
Parce que c'est plus sûr...
Tous les pilotes interrogés, sauf Berod (mais Berod je crois que ce sont les éléments qui ont peur de lui!) ont cité le plaisir de voler en sécurité. L'aérologie de plaine est bien moins rude, même les jours où ça tape. L'absence de relief donne un grand sentiment de confiance. C'est fou d'ailleurs ce que j'appréhende différemment la rencontre avec un thermique en plaine ou en montagne. En plaine, je remercie Dieu de m'avoir fait rencontrer cette colonne d'air chaud qui va me permettre de continuer mon vol et je prie pour qu'elle soit la plus forte possible. En montagne, je serre juste les fesses et je prie ce même Dieu pour ne pas me faire trop dézinguer...
 
 
 
 
Tous les pilotes interrogés, ont cité le plaisir de voler en sécurité en plaine. l'aérologie y est bien moins rude, même les jours où ça tape.
 
 
 
 
Les pilotes interrogés, d'ailleurs, sont unanimes:
Christophe Desplats: "En plaine, je me mets en l'air avec une impression de risque zéro. En montagne, je ne suis pas persuadé qu'il n'y ait pas de phénomènes aérologiques outre-passant la mécanique de vol de nos engins..." Yannis Murguet: "Même en conditions très fortes, en plaine le sentiment de sécurité est toujours présent." David Casartelli: "Le parcours du vol de plaine est seulement dicté par le sens du vent météo. II permet de voler sans se poser trop de questions sur le place-ment dans la masse d'air, on ne se demande plus sans cesse si on ne va pas se retrouver sous le vent d'un relief." Jean-Luc Vial: "La première raison qui me fait préférer la plaine á la montagne: la sécurité. Par exemple la facilité du posé quand les conditions de vol se dégradent. A niveau égal, les pilotes de plaine
peuvent voler avec des ailes plus pointues." Marco Arnold: "La prise de risque est très inférieure en plaine." Martin 1Vlorlet: "Les conditions de vol en plaine "sont presque opposé de celles de la montagne. En plaine, le vent est un atout majeur, contrairement á la montagne."
 
Parce que c'est plus varié
Le vol de plaine se faisant essentiellement dans le lit du vent, il suffit, au départ d'un même site, de 5 á 10 degrés "d'écart dans la direction du vent pour se retrouver á survoler des régions différentes. De plus, un thermique n'est jamais au même endroit deux jours de suite: l'inclinaison du thermique, en fonction du vent, est toujours différente. Enfin le côté aléatoire du déclenchement des cycles fait qu’à quelques . secondes d'écart un pilote touchera le thermique et pas l'autre. Et en plaine il n'y a pas de relief où s'appuyer en attendant le prochain thermique! Bref rien n'est garanti et il n'y a jamais de chemin tout tracé. Du coup un vol en plaine est une dense succession de décisions, et c'est ce qui rend les kilomètres gagnés si gratifiants. Martin Morlet: "En plaine, il n'y a pas de voie classique comme á la montagne. II faut donc analyser constamment, sans essayer de reproduire les schémas de la veille."
Jean-Luc Vial : "II faut rester ouvert, sans partir avec l'idée d'un chemin tracé, car il n'y aura pas de ligne de crête á suivre."
 
Daniel Vincent Genod (25 ans de vol á voile, dont 5 ans en équipe de France): "l'aérologie de plaine est beaucoup plus variée qu'en montagne."
 
En plaine l'analyse c'est fastoche!
 
 Patrick Berod: "En plaine, l'analyse est consacrée uniquement á la recherche des thermiques et du cheminement." Marco Arnold n'est pas d'accord: "Peut-être, mais c'est plus difficile á analyser!" Qui a raison? L'analyse, en plaine, est effectivement plus difficile car rien n'est "marqué": il faut donc en permanence deviner les sources thermiques possibles et choisir le bon cheminement thermique après thermique. Mais l'analyse des flux en montagne est évidemment plus complexe qu'en plaine où l'on profite tranquillement du vent. Partir en cross au-dessus d'une région de plaine totalement inconnue ne m'a jamais posé de problème. J'hésiterais plus longuement avant de partir en cross au-dessus de la Suisse!
 
 
Pour la performance
Tous les records de distance mondiaux ont été réalisés en plaine. En Australie en 1998 Godfrey Wenness réalisait 3351an au départ d'une petite butte de 300 m de dénivelé. En 2002, au Texas, après un départ au treuil, Will Gad, explosait ce record avec 423 km...
Pour le confort.
Facilité du posé en plaine, absence de portage, facilité de la "récup" (les routes de plaine sont plus droites qu'en montagne!)...
 
 
Pour les surprises  
Le 1er août 2001 alors que j'étais pris dans une ignoble dégueulante au-dessus de champs uniformément plats et jaunes, j'ai mis le cap sur une moissonneuse batteuse qui soulevait un beau nuage de poussière. J'ai du survoler l'engin á une dizaine de mètres et juste après, ma voile s'est ruée dans un très fort thermique. Comme il y avait beaucoup de vent, j'ai dérivé prés du sol sur plusieurs centaines de mètres avant que le thermique ne se redresse et m'emmène á 1600 m. Pendant toute ma montée, j'ai gardé la moissonneuse á l’œil : son conducteur avait arrêté son engin pour me regarder: il n'en revenait pas! C'est ça, la magie de la plaine. Christophe Desplats : "Batailler 20 minutes avec une altitude oscillant entre 30 et 60 m/sol avant de me sortir d'une vache éventuelle, exploser le plafond du site de Guéret á 3 660 m en 2003: la plaine m'a offert des moments exceptionnels."
 
"La Plaine est une communauté ouverte. On se connaît, on a besoin des autres pour le treuil, les récupes, les infos sur le site du jour..." (Jean-Luc Vial)
Martin Morlet: "Vous êtes-vous déjà extrait d'un site de 50 m pour ensuite survoler la plaine á 2 000 m?"

 

Pour le pilotage
Tous les pilotes s'accordent à le dire: en plaine le pilotage demande plus de doigté qu'en montagne. Il n'est pas rare d'avoir á tenir un zéro á quelques dizaines de mètres du sol en attendant le déclenchement d'un vrai cycle libérateur. Le plaisir de la plaine vient aussi de cette capacité á "tenir l'air".
 
 
 
 
LES MEILLEURES CONDITIONS MÉTÉO
Deux solutions: ou vous n'avez pas l'âme d'un scientifique et vous demandez aux copains de vous: avertir quand c'est bon, ou vous vous plongez dan! la météo. Tous les pilotes interrogés s'accordent su un point: le flux de Nord est le plus généreux en thermiques. Une fois éliminé ce pauvre flux de Sud le monde de la plaine se divise en deux castes: les pilotes de l'Ouest qui, globalement, préférant le Nord-Ouest et les pilotes de l'Est qui, en majorité, préfèrent le Nord-Est! C'est dans un courant de Nord/Ouest que j'ai volé dans la plus fabuleuse masse d'air qu'il soit! Le flux de Nord/Ouest correspond á la direction du vent dans les premières heures de la traîne d'une perturbation.
 
Trois avantages:
l'humidité du vent d'Ouest matérialise les nuages; le vent est généralement soutenu (trop parfois hélas) et aligne les nuages en rues; les plafs ne sont pas très élevés, garantissant une forte densité de thermiques.
Au départ de Poitiers (á mes yeux la meilleure bas de lancement pour un record), cette direction de vent permet de raccrocher les Causses du Lot et i bénéficier alors des premiers effets de la Tramontane pour augmenter encore la cadence de vol. Le risque majeur: l'humidité de la masse d'air induit souvent une trop forte couverture nuageuse et l'étalement des cumulus éteint alors l'ensoleillement au sol et coupe la convection. Le Nord-Est anticyclonique
est statistiquement la direction reine en France. Ses avantages sont nombreux: sécheresse du flux jouant contre les risques d'étalement des cumulus convection excellente (thermiques forts et nombreux); le vent peut également être fort; les nuelles (cloches de condensation matérialisant le haut des thermiques "quasi-purs') sont très visible (le fait de voler vers le Sud-Ouest est un immense avantage: on vole avec le soleil dans les yeux et, par un phénomène d'ombres chinoises, les nuelles, quasi invisibles depuis le sol, apparaissent alors distinctement). C'est en Nord-Est que la majorité des grands vols se sont faits en France. La composante d'Est rend les thermiques teigneux (voire violents) et il n'est pas rare d'avoir la sensation de prendre des boulets de canon dans un bout d'aile lors de l'arrivée dans un noyau. Par ailleurs il y a w y risque de se retrouver avec des plafonds trop élevés (supérieurs á 2000 m), or qui dit plafonds élevés dit thermiques espacés... Yannis Murguet, un homme l'Ouest, nous résume la journée idéale:"Flux de N ou N.O. modéré en régime de traîne, suivant une perturbation sans précipitation, avec un fort gradient de vent pour un décollage en sécurité et pour éviter un hachage des colonnes thermiques au sol. Le passage de cette "perturbation sèche", qui apporte vent et instabilité, sera d'autant plus efficace qu'elle aura été précédée d'une période de chaleur et de sécheresse."
 
Quelle saison?
En France: d'avril á septembre. L’équipe de France réalisé son vol record, prés de 280 km, en avril 19, en montagne. II est donc sûrement possible de réaliser 300 km en plaine dés le mois d'avril! Là encore les limites explosent: Paul Schmidt a réalisé un vol de 110 km en flux de Nord le 18 février 2004 au depuis des Ardennes Belges, Alain Dostes un vol de 135 km en octobre, au départ de Douelle (Cahors). Entre ces deux extrêmes le record du monde de distance, a été réalisé le jour du solstice d'été! Pour plus de détails sur les conditions météorologiques idéales pour le vol libre, je ne saurais trop vous conseiller la lecture du fastidieux mais très instructif ouvrage de Tom Bradbury:"La météorologie du Vol Voile' Enfin, je ne voudrais pas conclure sans avoir quand même un petit mot de remerciement pour les flu: de Sud qui m'ont permis de réaliser des vols extraordinaires. Comme quoi y'a pas que le Nord dans la vie! Et quand c'est bon, tout est bon, malgré les théories.
 

Date de création : 28/03/2008 : 13:01
Dernière modification : 28/03/2008 : 13:01
Catégorie : Améliorer sa pratique
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