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Pyrénées - Le grand vol du Marboré

 

 
C'était à l'époque glorieuse, en 1986, les compères et comparses, Xavier Demoury, Patrice de Bellefon, Michel Sarthe, Jean-Louis Carrasoumet....découvraient le parapente en Haute Montagne, comme tous les premiers pratiquants.
 
A l'époque il était possible de voler dans le Parc National des Pyrénées Occidentales, car les technocrates et les Ornithologues, ne voyaient aucun inconvénient à la cohabitation entre nos aéronefs et la faune sauvage....
 
 
Par Patrice de Bellefon :
 
La presse, la télévision ont désormais montré assez de belles images de " vol de pente " pour qu'il ne soit plus nécessaire de s'étendre, ici, dans des explications détaillées. Disons seulement que nous décollons grâce à la vitesse d'une course à pied plus ou moins longue, course qui dans des conditions propices - vent de face 3 à 6 mètres/seconde - se réduit à un ou deux pas. En fait nous décollons comme un avion s'envole. Ajoutons, parce que cela n'est pas visible sur les images et parce que les parachutistes traditionnels s'en étonneront, que nos ailes " planent ". Dans une atmosphère neutre - stable et sans aucun vent - elles descendent avec lenteur sur une trajectoire faisant, selon les modèles, un angle de 17 à 23 degrés avec l'horizon. Ainsi du sommet du Marboré est-il facile d'arriver à La Prade et même à Gavarnie si l'atterrissage y était aussi dégagé d'obstacle et pittoresque. S'envoler des hauts sommets est la façon la plus noble, la plus ample, de pratiquer le vol de pente, qui déjà par ailleurs, s'est inventé des spécialités et des épreuves sportives.
Ne parlons cependant pas d'exploit comme aiment à le faire les as. Il n'est pas nécessaire d'avoir des moyens physiques rares pour aborder cette discipline aérienne dont, en fait, la technique est facile et l'apprentissage rapide. Les ingrédients pour cuisiner l'exploit manquent. et l'audace, voire la naïveté, quand elle est le fruit de l'ignorance, rendent une exceptionnelle et impressionnante réussite.
 
Notre vol du Marboré est l'illustration d'une démarche tout à fait différente, pour ne pas dire opposée. Au-delà de la technique et de ses gestes simples - en haute montagne surtout - le vol de pente dont les réels dangers guettent l'innocent, exige une connaissance très subtile, presque initiatique de la montagne et de son atmosphère.
 
Ces plaisirs que nous offre l'intelligence d'un aussi vaste milieu ne sont-ils pas plus savoureux que la réussite d'un exploit hasardeux ? Cette fois au Marboré, encore béotiens, nous confiant à la sagacité de notre professeur Michel Sarthe, nous nous laissons emporter par les seules joies de la découverte, de l'apprentissage et du prodigieux spectacle.
 
Bien avant que le jour ne se lève nous quittons la plateforme du col de Boucharo : un bien vulgaire bivouac! Bientôt, la Brèche de Roland franchie, les rayons encore couchés d'un soleil rouge, soulignent, en cette sèche fin de saison, la poignante aridité des versants sud du cirque. L’heure matinale jette une lumière somptueuse sur les ternes débris des grands éboulis comme le rêve dont nous nous approchons pas à pas éclaire nos silencieuses appréhensions. Nous arrivons au sommet quand la vallée s'ébroue et souffle son haleine au front du Marboré. Nous nous élancerons de la cime malgré les risques que présente - que pourrait présenter si nous n'étions pas lucides - un départ falaise.
Le vent redressé par les abrupts nord s'élance haut sur les crêtes avant de retomber en s'enroulant sur le plateau sommital. Michel Sarthe nous montre avec un ruban ses perfides tourbillons. En haut d'un à-pic - comme aujourd'hui - nous devons nous tenir au bord du vide la voile toute frémissante d'une rassurante pression, notre aile déployée dans toute son ampleur au-dessus de la tête, afin de pleinement voler dès que nous happe le ciel. Ainsi craignons-nous ces remous chaotiques qui dans notre dos menacent de dégonfler nos ailes.
 
Xavier Demoury aussi courageux qu'impatient d'essayer dans un grand vol une " neuf caissons " , sa dernière née, se laisse tout de suite enlever par un air vif qui le suspend longtemps, presque immobile et tout inondé de soleil au-dessus de l'immense gouffre bleu du cirque.
 
Michel emprunte presque son sillage, puis bientôt Emmanuel Fazan décolle à son tour. Un vent, maintenant moins déterminé, nous contraint, Jean-Louis Carrassoumet et moi, à trouver un dévers moins bref où nous allongerons notre course. Un court instant j'ai peur.
Mon départ est comme une chute ralentie. Je plonge. Mon aile frôle les lames rongées qui hérissent le haut de la muraille. Soudain, comme avec une profonde respiration, l'aile en un bond souple s'élance en avant. Le cirque gigantesque s'évase, et se déploie encore. Je m'emplis d'un vide magnifique bâti sur une prodigieuse transparence qu'aucun vertige n'assombrit. Je découvre le relief de l'air en déroulant doucement ma balade sur ses courbes tandis que s'efface le temps dont nous perdons ici la notion. Tant que se prolonge et dure notre vol, le vent en polit les aspérités que nos habitudes comptent. Un courant m'emporte vers la Tour où mon regard suit les itinéraires nord, un long virage à droite me ramène au-dessus de la grande cascade dans le prolongement de la dégringolade de l'arête Passet et des cataractes minérales du puissant bastion des Druides. Puis par une glissade que retient l'onctuosité épaisse d'un flux, je m'achemine vers La Prade ; je compte au passage les degrés de l'échelle des Sarradets, les pas qui vont de l'hôtel du Cirque à la base des murailles, je repère le cheminement malicieux des rochers blancs, la patience des entortes de Pailha et du sentier Bellevue.
 
Cette familiarité des lieux perle l'émerveillement qui illumine cette insolite descente dans un paysage. Bientôt, enchaînant des virages serrés, dans ma hâte d'arriver, je gaspille mon altitude. Tous réunis nous attendons Jean-Louis, retenu là-haut par des conditions moins propices. A son tour, il s'envole enfin et délivre sa parabole jusque sur les flancs Est du pic des Sarradets où des colonnes d'air chaud l'enlèvent un moment.
 
Maintenant nous contemplons les volutes élégantes et rapides de sa descente, en goûtant sur la pelouse de La Prade, dans une paisible oisiveté, les émotions de ce rêve éveillé.

Date de création : 29/03/2008 : 14:41
Dernière modification : 02/07/2015 : 15:11
Catégorie : Pyrénées
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